jeudi 28 février 2013

Journée de la femme


La Ligue des Droits de l’Homme du Pays de Redon a élu


MALALA YOUSUFZAI
FEMME DE L’ANNEE 2013

Jeune écolière pakistanaise de 15 ans qui milite pour le droit à l’éducation des filles 
au péril de sa vie.

Le 9 octobre 2012, elle est victime d’une tentative d’assassinat en plein jour, devant son école, par des Combattants du Mouvement des Talibans (TTP) allié à Al-Qaïda. Très gravement blessée au cou et à la tête, elle est évacué par hélicoptère puis transféré à l’étranger pour d’autres opérations.

A l’âge de 11 ans, MALALA s’était déjà fait connaître du grand public en dénonçant sur un blog de la BBC, les violences des Talibans qui incendiaient les écoles pour filles et assassinaient les opposants dans la vallée du SWAT alors en guerre. Elle est alors reconnue comme héroïne et son école pour fille porte son nom.

En 2011 elle reçoit le premier prix national pour la paix du gouvernement pakistanais.
Elle a été nominée au prix international des enfants pour la paix Fondation KidsRights.
En décembre 2012, bien qu’à l’hôpital, elle reçoit le prix Simone de Beauvoir pour la liberté des femmes 2013.

Le 3 janvier 2013, elle a quitté l’hôpital de Birmingham afin de poursuivre sa rééducation à domicile avant un éventuel retour pour une reconstruction du crâne.

Le courage et la position de principe de cette enfant, puis de cette très jeune fille, force l’admiration et le respect de tous.





Pour la journée de la femme, vous pouvez aller vous promener sur le Portail des femmes de wikipédia


Une femme est une personne adulte de sexe féminin de l'espèce humaine (Homo sapiens), 
appelée fille avant la puberté.


Vidéo performance de l'artiste féministe des années 1970, Martha Rosler: Semiotics of the kitchen (1975)

lundi 18 février 2013

Vidéo-surveillance




Le journaliste a totalement fait l’impasse sur les arguments et explications avancés pour étayer cette position.


L’illusion que le progrès scientifique et technique permettrait une protection contre tous les risques du début à la fin de la vie conduit à accepter des restrictions des libertés et des atteintes à la vie privée. Obsession contemporaine, l’idéologie du risque zéro est inefficace, elle détruit le lien social en organisant la peur de tous contre tous.

La banalisation de la surveillance passe également par l’installation de caméras dans les rues, pour le plus grand profit des sociétés de sécurité qui les fabriquent les installent et les entretiennent. L’État est fortement impliqué dans le développement des systèmes de vidéo-surveillance en participant à hauteur de 50% au financement des frais d’installation, mais les aides au financement piègent les communes qui « oublient » les frais de fonctionnement annuels. 
Projet de caméras au Parc Angers de Redon : Dans le programme d’action de prévention de la délinquance, l’action de la police municipale dans son descriptif cite : « à Redon 3000 scolaires se rassemblent sur le Parc Angers le matin et le soir. Il se produit souvent du chahut et cela provoque un sentiment d’insécurité. » On croit rêver !!!

" La volonté de surveillance des citoyens par l’État au nom de l'ordre public n'est pas nouvelle mais aujourd'hui elle est exacerbée par l'obsession sécuritaire : inflation des fichiers de police (36 en 2006 plus de 80 en 2012), avec plus de 42 lois sécuritaires en 10 ans " (Hommes et libertés, Journal mensuel de la LDH)

Pudiquement baptisée vidéo-protection, la population perçoit mal l'enjeu majeur pour les libertés publiques. Nous pensons que pour des questions aussi importantes sur les libertés et la vie privée, les citoyens doivent être consultés et pleinement informés.
La justice a été expulsée de son rôle constitutionnel de gardien des libertés qui lui permettait de contrôler l'immense pouvoir de la police. Pour SORTIR DE LA SOCIÉTÉ DU SOUPÇON, il faudrait installer une autorité indépendante sur le fichage, créer un Conseil National des Libertés, qui contrôlerait la multiplication des fichiers, limiterait la durée d'inscription (actuellement de 25 à 40 ans) et permettrait à chacun l'accès à toutes ses données personnelles avec recours à un juge indépendant.
Nous voulons résister à la société du soupçon et aux discours de haine. La LDH entend contribuer activement au développement d'une prise de conscience et d'intervention citoyenne afin de refuser que des avancées scientifiques et techniques soient détournées par les tenants du contrôle social ou de l'idéologie sécuritaire.



LA SOCIÉTÉ DU SOUPÇON C'EST AUSSI L'EUROPE



Projet INDECT , ACTA : Le rideau de fer sécuritaire européen Indect mobilise des dizaines de chercheurs scientifiques subventionnés par l'Union Européenne à hauteur de 10,9 M£ afin de créer des systèmes informatiques   « intelligents » pour repérer les « comportements suspects » dans les images enregistrées par les caméras de vidéo-surveillance ainsi que dans les données et fichiers que nous échangeons sur internet.

Comportements jugés suspects: Un “cri puissant” combiné avec “des poings brandis” et une “personne chutant” constitue un scénario permettant de prédire une agression. Des “gesticulations excessives” et des “regards alentour permanents” peuvent indiquer un comportement nerveux, qui, conjugué avec “porter des lunettes de soleil ou une capuche par un temps inapproprié” peut signifier un vol ou un scénario terroriste, etc. 


Pour ceux qui veulent en savoir davantage: 




QUAND LE RÉEL RATTRAPE ET DÉPASSE LA FICTION : LA BIOMÉTRIE



« C'est de la technique que viennent les impératifs moraux d'aujourd'hui et ceux-ci ridiculisent les postulats moraux de nos aïeux, éthique individuelle mais aussi 
l'éthique sociale » *

Contrairement à l'identification de papier, la biométrie est la vision corporelle de l'identification, ou plutôt de parcelles corporelles (goutte de salive, cheveu, squames de peau, etc...), mais aussi d'images incorporelles comme la capture de l'iris. L'identifiant n'est plus un homme mais une machine. Plus de face-à-face homme/homme, plus d'échange de papiers et de paroles, seulement la confrontation homme/machine. Derrière la réalité de l'identification biométrique une économie florissante et un énorme potentiel de croissance.

« Politiquement nous allons vers la convergence des systèmes. Elle ne va pas dans le sens d'une liberté de l'homme, mais dans celui d'un totalitarisme des instruments » * 



* Günther Anders, L'obsolescence de l'homme Tome II : sur la destruction de la vie à l'époque de la troisième révolution industrielle (1980), Paris, Fario, 2011. 

lundi 4 février 2013

Ce qui se joue à Notre-Dame-des-Landes


Ce qui se joue à Notre-Dame-des-Landes va bien au-delà d’une simple opposition à la construction d’un aéroport !



C’est une autre vision de société qui est expérimenté au quotidien, au travers d’une conscience citoyenne et d’une démocratie participative effective. 
Ils défendent « bec et ongles » le Bien Commun comme l’air, l’eau, la biodiversité ,la santé etc… qu’ils considèrent comme ne pouvant pas être marchandisé. Plutôt informel, ils expérimentent d’autres formes d’être ensemble. Avec une conception égalitaire dans leur mode de fonctionnement. Ils refusent les délégués, il n’y a ni chef ni porte-parole et chacun est responsable de ses avis, de sa parole. Par prudence et afin de ne pas cultiver les égos, ils préfèrent l’anonymat. Ils constituent des collectifs, des regroupements et mutualisent leurs moyens. Les décisions se prennent en collectif qui est le lieu de partage, de démocratie, de solidarité et de joie de vivre. Ils aspirent à l’autonomie ne voulant plus être de simple consommateur, ils refusent le prêt à penser et réaffirment la réappropriation de leur vie. Ils se revendiquent comme acteur de leur vie. 
Ils sont très vigilants à n’être pas récupéré par des parties politiques, des syndicats, des associations. S’ils ont des rapports difficiles avec les journalistes en général, c’est parce qu’ils savent de source sure que les journaux sont aux mains de grands groupes et de multinationales
Nous sommes bien loin de l’image de terroristes que l’on voudra bien leur coller et si on les dit marginaux, il faut savoir qu’aujourd’hui 400 000 jeunes actifs de moins de 25 ans sont au chômage sans indemnisation et minima social. C’est la classe d’âge la plus touchée par la pauvreté.

Nous tenons à dénoncer 30 années de lois et de mesures sécuritaires qui ont créées une fracture générationnelle et sociétale qui fait percevoir les jeunes comme dangereux, nuisibles et délinquants possibles.

Il serait temps de se poser les vraies questions afin que la rupture ne soit définitivement consommée.

Mireille Spiteri
Présidente de la Ligue des Droits de l’Homme du pays de Redon